Mot clé : Informatique

  • Un bel adieu au Minitel !

    Vendredi 29 juin, à peine quelques heures avant la fin du Minitel, l’Institut des sciences de la communication (ISCC) du CNRS proposait un colloque intitulé « 3615 ne répond plus ! La fin du Minitel ». La conception scientifique de ce colloque était conduite par Valérie Schafer1 auteur de l’ouvrage « le Minitel, l’enfance numérique de la France », co-écrit avec Benjamin G. Thierry2.

    Ce colloque marque le « clap de fin » du Minitel et du Réseau Transpac qui a supporté son trafic depuis 30 ans. Pour autant la nostalgie n’y a pas sa place. Sa vocation est d’interroger cet objet devenu patrimonial, d’explorer ses multiples facettes en interrogeant, sur le temps long, toute une histoire des technologies de l’information et de la communication, d’étudier scientifiquement les questions et les débats prémonitoires qui ont entouré l’apparition du Minitel. De poser des questions déjà présentes et aussi actuelles que l’anonymat, l’architecture, le rôle du fournisseur d’accès, ou encore la question des modèles économiques et celle de la fracture générationnelle… Quelle continuité, quelles ruptures, par exemple en termes d’usages, existe-t-il entre le Minitel et internet ? 

  • Alan Turing, père de l’informatique, naissait il y a 100 ans…

    Né le 23 juin 1912 (sous le signe du Cancer comme beaucoup de destins atypiques tels Jean Cocteau, Françoise Sagan, Saint-Exupéry, Jean-Jacques Rousseau, George Sand, ou encore l’astrophysicien Hubert Reeves et Zinedine Zidane…), le scientifique britannique Alan Mathison Turing est celui que l’on considère généralement comme le « père de l’informatique » ! Il passe son enfance en Angleterre, mais en famille d’accueil puis en internat, son père étant fonctionnaire en poste en Inde, où déjà il exprime ce caractère atypique. Il entre au King’s College de l’université de Cambridge en 1931 pour y étudier les mathématiques avant de se spécialiser dans le calcul des probabilités.

    L’atypisme intellectuel d’Alan Turing émulsionne une richesse de pensée qui le pousse, à partir des mathématiques, sur des chemins scientifiques aussi  éclectiques que la calculabilité, la cryptographie, la morphogénèse des formes biologiques, puis la calculabilité de l’intelligence… La première étape de ce parcours hors norme se situe  en 1936, quelques 10 ans avant les débuts de l’informatique, quand il rédige un article intitulé « Théorie des nombres calculables, suivie d’une application au problème de la décision ». Dans ce texte, Turing donne sa propre définition de la calculabilité : « On peut définir sommairement les nombres calculables comme étant les réels dont l’expression décimale est calculable avec des moyens finis. […] Selon ma définition, un nombre est calculable si sa représentation décimale peut être décrite par une machine ». Dans cet article, il décrit du même coup ce qui deviendra, une décennie plus tard, l’ordinateur. Il part du principe qu’une machine peut calculer diverses tâches pourvu qu’elles soient suffisamment bien formulées.  Concrètement, cet article décrit le premier modèle mathématique d’un algorithme, en précise les potentiels et les limites. C’est ainsi que nait « la Machine de Turing » ! 

  • Histoire de la mécanisation des calculs au logiciel

    Après nous avoir fait voyager « de l’algorithme à la notion de programme » ce qui nous a fait rencontrer « Monsieur Algorithme », de son vrai nom Abou-Jafar Al-Khuwārizmī, puis Ada Lovelace, le documentaire-fiction réalisé par l’INRIA nous invite maintenant à retracer l’histoire « de la mécanisation des calculs au logiciel ».

    Dans ce nouvel épisode, Gérard Berry explique : « L’informatique s’incarne dans des machines. L’homme sait d’abord fabriquer des outils, c’est-à-dire des objets simples à utiliser. Puis, il a fabriqué des machines, c’est-à-dire des outils qui utilisent une force autre que la sienne et qui peuvent exécuter, de manière autonome, certaines opérations, même complexes et programmées, comme pour le métier à tisser Jacquard. Mais la machine mécanique ne sait pas se modifier elle-même. Au contraire, l’ordinateur, qui est une machine à information, sait modifier son propre programme et devient ainsi une machine véritablement universelle. Turing a montré que toutes les machines universelles connues sont équivalentes. Elles permettent toutes de maitriser l’intelligence mécanique… ».

  • L’informatique, une révolution de l’écriture

    Après avoir approché « l’aventure de la lecture numérique »… voici celle de l’écriture numérique, grâce à une heureuse coïncidence calendaire, la conférence « Préparés à Internet » organisée par la Société Européenne de l’Internet qui s’est tenue le 22 septembre à l’Ecole Mines-Paris Tech (dont le CIGREF était partenaire). Cette conférence accueillait notamment Gérard Berry pour répondre à la question « qu’est-ce que le numérique », et a donné la parole à Clarisse Herrenschmidt, chercheur (laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France), auteur de « Les Trois écritures – Langue, nombre, code ».

    L’histoire des signes écrits,
    un long flux de 53 siècles…

    Ce qui m’a intéressé dans ma vie de chercheur, c’est l’histoire des signes écrits. Etant philologue de formation, mais également linguiste et archéologue, j’ai été confrontée aux découvertes de l’Antiquité du premier millénaire avant notre ère en Asie antérieure (définition géographique du plateau iranien). Pour des chercheurs comme moi, il fallait apprendre les langues, les écritures fort nombreuses, et en général on prenait cela comme une sorte de destin un peu lourd, voire tragique. Je me suis demandé pourquoi ne pas faire de ce malheur documentaire, une question : pourquoi tant d’écritures ? A partir de là, j’ai travaillé sur la naissance de l’écriture en Iran et en Irak et puis il m’est arrivé quelque chose…

  • La langue de l’informatique

    Il n’aura échappé à personne que les mots de l’informatique sont, pour la plupart, résolument anglophones ! Exception faite du mot « informatique » lui-même, inventé en 1962 par Philippe Dreyfus. Il en est heureusement d’autres, non moins notables, comme le mot « ordinateur »

    Mais pour cette grande partie anglophone de la langue de l’informatique, prêtons à Maitre Capelo, célèbre linguiste, fervent défenseur de la langue française qui vient de disparaître  un encouragement à « mettre quelques francs dans le nourrain » pour un peu plus d’usage du français, dans les dialectes informatique et numérique !

    Alors que Twitter, le dernier-né des grands réseaux sociaux, a fêté hier 21 mars,  ses 5 ans et revendique aujourd’hui quelques 200 millions d’utilisateurs, 140 millions de messages expédiés quotidiennement, si vous aviez à choisir un terme de substitution au #hashtag, quel mot retiendriez-vous ?

    L’Office de la langue française québécois suggère « mot-clic ». En France, certains préfèrent « mot-clé ».